23.05.2009
Des algues dans le moteur
Hier, la présidente de la Région Poitou-Charentes a inauguré, au Vigeant, dans la Vienne, un site capable de produire un écocarburant de troisième génération à base d'algues... cultivées grâce aux déchets ménagers.
Explication : bien à l'écart du village réputé pour son circuit automobile, la société SVO, filiale du groupe Séché Environnement, gère une plateforme de stockage de déchets. Une plate-forme qui, depuis août 2008, produit, en électricité, l'équivalent de la consommation annuelle d'une ville de 11 000 habitants, à partir du biogaz issu de la dégradation naturelle de la fraction fermentescible contenue dans les déchets.
Rendement supérieur
Le procédé génère aussi de la chaleur et du dioxyde de carbone. Deux éléments qui, récupérés et injectés dans des bassins préalablement ensemencés, aident à cultiver des microalgues. « Les microalgues ont une teneur en lipides très importante et offrent un rendement supérieur à d'autres végétaux, type colza, explique un technicien de SVO.
Leur utilisation dans la fabrication d'écocarburant ne vient pas en concurrence avec d'autres cultures végétales susceptibles d'être utilisées dans l'alimentation animale ou humaine. »
L'expérimentation engagée sur le site du Vigeant doit se poursuivre jusqu'à la fin de l'année, avant d'entrer dans sa phase industrielle. Le site est dimensionné pour produire 20 000 litres de bioéthanol par hectare d'ici à la fin 2010...
« Il nous reste à identifier les algues les plus productives et à optimiser la séquestration du dioxyde de carbone », indique-t-on chez SVO, société qui ambitionne d'installer sur le même site sa centrale photovoltaïque et une école des métiers du solaire. « Ce site fera oublier ce qu'était la vilaine décharge à l'ancienne, renchérit le PDG du groupe, Joël Séché. Il est à même de faire évoluer l'ensemble de la profession dans une perspective de développement durable. »
Ségolène Royal parle, elle de « révolution verte ». En revendiquant le statut de pionnière. « Bien avant le Grenelle de l'environnement, nous avons mesuré, en créant, dès 2004, un pôle d'éco-industries, le rôle de la croissance verte dans les emplois de demain. À l'inverse des banques qui n'ont pas toujours été présentes, la Région a servi de catalyseur. »
Bioéthanol textile
« Nos investissements ont sécurisé sur place ces nouvelles filières industrielles : pour cette expérience, par exemple, neuf brevets appartiennent à la région, deux sur la production d'algues, sept sur celle d'écocarburants, via Valagro », énumère la présidente.
Ségolène Royal n'a pas boudé son plaisir en affirmant que « le Poitou-Charentes est, sur le premier trimestre 2009, la première région de France en matière de création d'entreprises, dont la plupart sont dans la croissance verte ». Elle a aussi rappelé le lancement de son plan photovoltaïque de 400 millions d'euros ou la prochaine inauguration du premier lycée d'Europe autonome en énergie, le lycée Kyoto de Poitiers.
Autre annonce : la création, à Melle (Deux-Sèvres), dans les prochains mois, d'un site pilote pour la production de bioéthanol à partir de déchets textiles. « Quatre usines de ce type seront implantées dans la région, au cours des trois prochaines années. »
09:41 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.05.2009
La faillite complète du paquet fiscal de Nicolas Sarkozy
La loi TEPA, qualifiée de paquet fiscal restera à jamais un emblème du quinquennat. Très souvent critiquée, y compris au sein de l’UMP, elle est aujourd’hui un signe de l’échec économique du gouvernement, et ce dans sa globalité.
Une loi injuste
La première critique que l’on peut adresser à cette loi est son caractère injuste, souligné par tous les opposants à Nicolas Sarkozy. Bien sûr, le « paquet fiscal » comportait également des mesures destinées à l’ensemble de la population comme les heures supplémentaires, mais même la déductibilité des intérêts d’emprunts immobiliers bénéficie logiquement aux ménages les plus aisés, qui paient des impôts et ont les moyens d’acheter un logement, contrairement aux foyers les plus modestes.
En outre, la réduction des droits de succession profite également aux plus aisés puisque la majorité des successions (les plus modestes) en étaient déjà exonérées. En outre, les nouvelles déductions sur l’ISF profitent à moins de 2% des ménages Français. Pire, la baisse du bouclier fiscal à 50% en incluant CSG et CRDS, profite à une infime minorité : 400 des 458 millions du coût de la mesure profite à 2175 ménages. Et ces mesures sont intervenues après une période de fort accroissement des inégalités.
L’erreur des heures supplémentaires
Les soutiens de Nicolas Sarkozy ne manquent pas de mettre en avant la mesure d’exonération fiscale des heures supplémentaires, qui coûte environ 4 milliards d’euros pour montrer que le paquet fiscal peut profiter à tout le monde. Mais comme les analyses de Marianne et d’Alternatives Economiques l’ont montré, ce dispositif est une calamité économique. Il s’agit en fait d’un cadeau fiscal (au coût exorbitant) dont les effets sont largement plus négatifs que positifs.
Tout d’abord, l’essentiel du coût est un pur coût d’opportunité (à savoir sans avoir changer les comportements économiques). Ensuite, il s’agit d’une énième réduction de charges sociales qui complexifie notre code fiscal et qui provoquera forcément une hausse du niveau standard pour compenser la baisse de recettes. Enfin, en période de hausse du chômage, cela introduit un biais en faveur des heures supplémentaires qui ne sera guère favorable aux embauches…
L’erreur des déductions des intérêts d’emprunts immobiliers
Ici, c’est le très libéral The Economist qui plante une banderille contre le programme économique du président Sarkozy. Dans un dossier très intéressant paru il y a dix jours, l’hebdomadaire anglais montre que les trois pays qui pratiquaient ce type de déductions fiscales (Etats-Unis, Irlande, Espagne), ont connu les plus grosses bulles immobilières. En fait, une telle incitation fiscale distord le marché et pousse les prix immobiliers encore plus hauts, provoquant in fine des baisses encore plus brutales ensuite.
Bref, le gain fiscal est purement illusoire dans la mesure où il entretient une frénésie immobilière qui pousse les prix plus hauts qu’ils ne le devraient, annulant largement le bénéfice de la réduction fiscale. Il n’y a donc aucun bénéfice réel pour les ménages et cela exacerbe les bulles naturelles du marché. En France, l’effet de cette mesure a permis par exemple de limiter la baisse des prix jusqu’à présent mais heureusement, elle est arrivée trop tard pour avoir les mêmes effets que dans les trois autres pays.
Bref, un examen critique du paquet fiscal presque deux ans après en montre la faillite complète. Ce très coûteux geste du gouvernement a creusé les déficits sans stimuler l’activité et, pire, a introduit de nouveaux disfonctionnements dans notre fiscalité.
Source : The Economist, Marianne
00:21 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.04.2009
L'insécurité, fond de commerce de Sarkozy.
L'insécurité, fond de commerce de Sarkozy.
Le Président tente de remettre la sécurité et l'immigration au centre du débat public, pour masquer sa politique anti-sociale.
S’il est vrai qu’en 2009, on agresse davantage, on violente davantage, Nicolas Sarkozy joue un numéro d'équilibriste. Il ressort les vieilles formules déjà employées par Jacques Chirac en 2002, un racolage électoral en pratiquant l’intox de l'opinion, afin de gagner les prochaines élections de juin prochain.
Il doit trouver, cette année encore, une excuse à ses mauvais chiffres. Car les chiffres, depuis 2002, sont mauvais. La lutte contre la délinquance est le premier échec de Nicolas Sarkozy. Ce dernier fanfaronne toujours : « Entre 1997 et 2002, la délinquance avait augmenté. Entre 2002 et 2008, elle a baissé. Les chiffres sont à la disposition de qui le veut ».
La délinquance globale a légèrement baissé (0,86% en 2008) car les atteintes aux biens ont chuté de 22% entre 2003 et 2008. Sarkozy peut remercier les constructeurs d'alarmes et de systèmes anti-vol ! Les violences aux personnes, elles, ont progressé de 14%.
Le bel habillage des chiffres commence d'ailleurs à craquer ici et là. Comme si l'on avait atteint les limites en matière de tripatouillage, des patrons de la police nationale mettent discrètement en cause le bilan en affirmant, que tous les cambriolages, tous les vols, toutes ces dégradations qui nourrissent la «délinquance de proximité» n’ont pas toutes été enregistrés ces dernières années.. Ces commissaires ont été rappelés à l'ordre, mais d'autres ont pris le relais, levant le voile sur ces statistiques devenues le seul indicateur de la sécurité des Français depuis que Nicolas Sarkozy a imposé la «culture du résultat». La promotion (et les primes) des directeurs départementaux et des commissaires ne dépendent plus que de cela.
Les statistiques, c'est une façade, une grande illusion, assène un responsable départemental du Syndicat national des officiers de police.
Le bon flic, aujourd'hui, ce n'est pas celui qui arrête trois gros voyous par an.. c'est celui qui fournit de bons chiffres.
La posture sécuritaire de Nicolas Sarkozy cache une absence flagrante de solutions. Nicolas Sarkozy parle fort, s’agite d’un point de vue législatif, mais rien ne change vraiment. Le président a toujours préféré la posture communicante à la véritable résolution de problèmes.
L'insécurité est la première des « injustices parce qu'elle touche les plus fragiles, les plus précaires. Elle doit être combattue sans relâche par l'affirmation de l'autorité de l'Etat », rappelait récemment Nicolas Sarkozy, retrouvant pour l'occasion des accents de campagne.
Il disait déjà la même chose quand il a commencé à «s'occuper de la sécurité des Français », en 2002. Le simple fait qu'il soit obligé de le rabâcher sept ans plus tard prouve que c'est toujours d'actualité. Ce ne sont pas les habitants des quartiers de ces cités qu'il disait vouloir «nettoyer» qui diront le contraire.
Dans les faits, Nicolas Sarkozy réduit les moyens d'action sur le terrain: les syndicats de policiers se plaignent des 10 000 suppressions de postes prévus d'ici 2012. C'est aussi simple que cela !
Pour pallier le manque de moyens de la police nationale, il y a un développement des polices privées ou municipales.
Ce sont aujourd'hui près de 20 000 hommes qui pallient les déficiences de l'Etat dans les grandes villes.
Et ce n'est qu'un début, selon le pronostic du syndicat majoritaire dans la police nationale l’UNSA, qui craint une «américanisation» et un «recul de la police républicaine».
Déjà, un certain nombre de petits délits, dégradations, sont pris en charge par les policiers municipaux et ne parviennent plus à la police nationale , échappant ainsi à toute comptabilisation.
Il existe plusieurs moyens, en toute légalité, pour obtenir des statistiques satisfaisantes. Le premier est tellement simple qu'on l'oublierait presque: le manque de moyens d’accueil dans les commissariats qui entraîne un premier tri parmi les plaignants. Faire la queue pendant plusieurs heures, les victimes d'un simple vol n'y sont pas toujours prêtes. Beaucoup renoncent pour ne pas perdre une demi-journée. Les larcins mineurs passent ainsi à la trappe, surtout s'il n'y a aucune chance d'arrêter les auteurs. Pourquoi attendre pour des faits qui seront, vraisemblablement, classés sans suite?
Dans le monde rural, tenu par la gendarmerie, le regroupement des forces en « communautés de brigades» a eu à peu près le même effet.
Dans les cités, l'option CRS, boucliers et lacrymogènes, en vigueur depuis la suppression de la police de proximité par Sarkozy en 2002, a vécu.
Aujourd’hui sans vouloir le dire Sarkozy revient à la police de proximité qu’il fait appeler unités territoriales de quartier (UTQ). Il en existe aujourd'hui dans la Seine-Saint-Denis, dont on nous annonce qu'elles font reculer la «délinquance de proximité».
Sarkozy rétablit ce qu'il a sacrifié hier. Sept ans perdus et tous les observateurs le disent: "Dans les banlieues, ça peut exploser à tout moment". L'ampleur que prennent les bagarres entre bandes, qui règlent leurs comptes jusque dans Paris, est un avertissement sérieux. Pourra-t-on renouer les liens défaits dans les cités ? Pas évident surtout si les policiers envoyés dans les quartiers restent soumis à la pression des chiffres.
Au-delà de ces arrangements avec les chiffres, il reste un écueil majeur que ne traduisent pas les statistiques: La justice n’a pas les moyens de répondre à l'engorgement provoqué par l'afflux des petites affaires. Pas un juge de plus, pas un greffier de plus, juste quelques places de prison supplémentaires, et encore, les tribunaux sont donc incapables de répondre à la demande.
Triste bilan.
Jacques PESCHIERA
Secrétaire fédéral
18:43 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


